La principal complication tardive en matière de prothèse de hanche est le déscellement, rupture du lien entre l'implant et l'os - se reporter à la page Complications de la prothèse de hanche.
Deux complications apparaissent liées à l'usage du "ciment": tout d'abord avec le temps, il craque et se fragmente, cause de déscellement. Ensuite, l'organisme réagit aux petits fragments et tente de s'en débarasser, mais cette tentative s'accompagne d'attaque de l'os voisin des particules de ciment, en l'affaiblissant.En cas de déscellement, une "reprise" par seconde opération est indiquée pour sceller de nouveau une nouvelle prothèse. Le problème posé par le déscellement fait l'objet d'une intense recherche: la solution passerait pour beaucoup par l'élimination du "ciment".
C'est pourquoi, la mise au point prothèse de hanche "sans ciment" ne date pas d'hier. La surface des pièces métalliques est poreuse et rappelle le corail. L'os peut intégrer les pores du métal et sceller ainsi l'implant en place sans le recours au "ciment". Plusieurs fabricants forunissent des modèles divers de prothèses sans "ciment".
La prothèse totale de hanche dite AML est la prothèse de hanche la plus posée au monde, sans "ciment" et dispose aussi du plus long recul depuis 1978. Les résultats à long terme de cette prothèse sont à ce jour très prometteurs en particulier chez les sujets dont l'os est de bonne qualité. En 2001, les études randomisées australiennes, entre prothèse avec ou sans ciment ne permettent toujours pas cependant d'affirmer une quelconque supériorité des résultats du "sans ciment" sur le "ciment" en matière de prothèse de hanche.
Si, initialement (prothèses dite de Judet et prothèse dite de Lord, fin de la décennie 70), ces prothèses "sans ciment" dites "madréporiques" à l'époque, étaient posées à tout âge, on se rendit compte rapidement que les sujets aux os mous - ostéoporose - n'étaient pas toujours capables au niveau du fémur d'assurer le scellement avec le métal poreux. Enfin en cas d'indication de "reprise", l'ablation de ces prothèses "sans ciment" de première génération, souvent posées en "fausse route" diaphysaire, posait volontiers un redoutable problème hémorragique.
| C'est pourquoi, il est encore généralement admis que "cimenter" la pièce fémorale est la meilleure option chaque fois que l'on a un doute sur la vitalité de l'os en général et sans doute chez la plupart des sujets ayant dépassé 70 ans, en Occident. |
Les sujets dans leur sixième décennie - tout au moins au mode de vie occidental urbanisé -ont le "cul entre deux chaises". Choisir une pièce fémorale, cimentée ou non, dépends de la qualité de leurs os. La radio de hanche permet habituellement de se faire une bonne idée. Toutefois, le bilan réel de la qualité de l'os ne peut souvent être complété qu'en cours d'intervention. Le Dr Surugue prend alors et seulement à ce moment-là la décision de régler cette question du "ciment" au mieux de vos intérêts, de votre activité physique et de votre espérance de vie.
| Les sujets "jeunes" - jeunes pour une prothèse articulaire, c'est à dire, actifs et/ou âgés de moins de 60 ans sans antécédents médicaux lourds - se voient habituellement conseillés par le Dr Surugue d'accepter une prothèse de hanche "sans ciment" dans l'idée que la longévité des modèles actuels (scellement par hydroxyapatite, couple céramique-céramique) est supérieure à celle des modèles classiques "cimentés". |
Le Dr Surugue, exerçant en milieu rural, souligne que certains sujets ayant dépassé largement 80 ans ont un os d'excellente qualité, pour lequel, il ne recule pas à proposer un implant sans "ciment", tandis que certains quinquagénaires qui présentent un os médiocre (sédentarité, alcoolisme, tabac, psychotropes, etc) bénéficient grandement de l'usage du "ciment". L' ostéonécrose toutefois serait mieux traitée, pour certains, par implant non cimenté, car pour une raison inconnue, les résultats avec le "ciment" seraient médiocres.
Maintenant, concernant le cotyle, les cotyles synthétiques posés sans ciment semblent très fiables, quelquesoit l'âge et le niveau d'activité du sujet opéré. Sauf petite taille, le "ciment" semble de moins en moins souvent utilisé au niveau du cotyle en 2001.
| Pour mémoire, on entend par prothèse de hanche "hybride",. la combinaison d'un cotyle posé sans ciment et d'une pièce fémorale "cimentée". |
Il faut garder à l'esprit qu'un certain nombre de modèles de prothèses sans ciment n'ont pas fait la preuve de résultats aussi bons que l'AML par exemple, et certains modèles ont fait preuve d'une grande difficulté pour leur "reprise" avec le recul: prothèses madréporiques de Judet et Lord, PCA, etc..